fbpx

Pédagogie, l’art de transmettre. Les neurosciences, l’art de comprendre le cerveau.


Deux domaines qui croisent leurs chemins à l’occasion d’un article dans La Recherche.
L’article mis en avant sur la couverture attire notre œil et nous nous laissons rapidement convaincre. Lisons donc !

Pédagogie et Neurosciences

La méthode scientifique comme support aux progrès en pédagogie

Le premier thème abordé par l’article est celui de l’intérêt des neurosciences pour faire progresser les méthodes pédagogiques.
Et avant de les faire progresser, il s’agit de les évaluer. Là les auteurs présentent la démarche de l’EED.

“EED = evidence based education, c’est à dire faire ces choix pédagogiques selon les preuves issues de la méthode scientifique”

L’EED est très implantée au Royaume-Uni où chaque école fait ses propres choix pédagogiques, et donc apprécie de pouvoir se reposer sur des méthodes éprouvées et testées. 59% des écoles s’appuient dessus !
Et en France ? Pas encore… En fait, des initiatives à Lyon et à Toulouse menées par des laboratoires en lien avec les rectorats ont lancé des vagues de tests (en particulier autour de l’apprentissage de la lecture, où la France fait pâle figure par rapport à ses voisins).

L’EED c’est donc importer la méthode scientifique en classe de manière à identifier les concepts pédagogiques qui marchent vraiment. En quelques points clés c’est :

  • Prononcer une hypothèse, par exemple : “suivre le tracé d’une lettre avec son doigt permet de mieux l’apprendre”
  • Faire une expérience dans quelques classes (groupe test) de cette hypothèse : examen de lecture au début, apprentissage avec le suivi du tracé du doigt, examen de lecture à la fin pour comparer
  • Tout en mesurant les performances d’autres classes (groupe témoin) qui font tout pareil , hormis ce suivi du doigts.
  • Enfin comparer les résultats entre les groupes de classes…. Et tadaaa, on trouve que oui le sensoriel est important !

Mais…. Tout n’est pas si simple

La difficulté à dénouer le succès de l'échec pédagogique

En effet, la méthode scientifique veut que le groupe test et le groupe témoin présentent les mêmes caractéristiques. Dans le cas des classes cela signifie :

  • Même niveau scolaire
  • Même origine sociale
  • Même façon de faire des enseignants
  • Même …

Hors il n’y pas deux classes qui se ressemblent ! Ce qui brouille un peu les résultats.

C’est aussi pourquoi les résultats au Royaume Uni ne sont pas forcément applicables ailleurs, car pas la même culture ni les mêmes rythmes scolaires, etc…

 

Ainsi les auteurs de l’article rappellent une expérience menée dans l’Académie de Lyon. Là, encore sur la lecture, des classes ont été comparées. Les résultats n’ont pas montré un avantage pour une méthode basée sur des exercices intensifs de correspondance graphèmes-phonèmes. C’est pourtant ce que voulaient montrer les pédagogues. 

Échec alors ? Non puisque les élèves des classes où la méthode a été mise en place ont semblé davantage motivés sur l’année !

 

Ah, la joie des sciences. On pense tenir le saint Graal pour faire avancer la pédagogie et puis on se retrouve avec autre chose.

 

Bon, et sinon, qu’est-ce que les neurosciences nous apprennent ?

 

Séance de compréhension du cerveau

Ce que nous apprennent les neurosciences

Les sciences cognitives ont permis de dégager quatre piliers de l’apprentissage.

  • L’attention
  • L’engagement actif
  • Le retour sur erreur
  • La consolidation

L’attention c’est ce qui permet de rentrer dans une posture d’apprenant. C’est le filtre que nous plaçons pour nous couper des distracteurs.

L’engagement actif c’est la motivation de l’enfant. Elle vient avec la curiosité et les récompenses. L’enfant s’engage quand la tâche à atteindre n’est ni trop connue ni trop complexe. Introduisons pour illustrer cela le principe de « flow »

Diagramme de « flow » :

Le flow (mot anglais) c’est cet état où l’on est complètement capté par sa tâche. C’est la jonction entre un haut niveau de défi et un haut niveau de compétence. C’est ce sentiment que bien que ce qu’on fait est difficile, on se sent capable de le réaliser.

A l’inverse, l’ennui, l’anxiété et la relaxation ne sont jamais loin et ne sont pas toujours bénéfiques à l’apprentissage. Comme au tir à l’arc où il faut viser la cible, en pédagogie il faut viser le « flow» .

 

Retenons qu’il ne faut pas tuer la curiosité et qu’il faut tâcher de rendre valorisant l’apprentissage. Alors pourquoi ne pas proposer à un enfant qui a compris d’expliquer à un autre ?

Le retour sur erreur c’est l’explication précise de l’erreur commise. Il faut donc d’abord dédramatiser l’erreur et l’expliquer. On appelle cette explication de l’erreur de la metacognition.
Par exemple, il est “normal” que tu te trompes pour comparer des nombres décimaux, en effet on t’a appris que 1452>15 et donc tu penses que 1,452>1,5 . On explique et décortique l’erreur pour que l’enfant en prenne conscience.

Et enfin la consolidation c’est l’ancrage de la connaissance chez l’enfant. On n’apprend pas “bien” en relisant simplement une leçon. Non. Il faut plutôt alterner les périodes de test et de révision. S’évaluer nous montre ce qu’on ne connait pas encore.

Et pour conclure

Si l’on veut favoriser l’adoption des bonnes pratiques pédagogiques il faut à la fois les identifier, les tester, et les diffuser.

 

Les identifier ? Cela vient à la fois du côté “terrain” des enseignants qui regorgent d’idées, et aussi des chercheurs qui essaient d’expliquer les techniques d’apprentissage. 

 

Les tester ? C’est mettre en place un meilleur dialogue entre enseignants et chercheurs, et multiplier les initiatives.

 

Les diffuser ? C’est s’appuyer sur la formation initiale à l’ESPE, sur la formation continue et puis aussi sans doute sur ces formidables enseignants qui partagent leurs trouvailles sur internet.

Autres articles

Label de Design

Nous démarrons l’année avec une bonne nouvelle : la reconnaissance du design de Totemigo. Oui, l’Observeur du Design a remis un label à Totemigo.

Lire plus »
2018-09-08T10:02:38+00:00

Nous contacter

Top